Un recensement de l'Insee mené en 2012 note que 98% des 212 645 habitants de Mayotte sont musulmans. Un taux sans rapport avec le nombre de fidèles se rendant régulièrement dans les lieux de prières. Selon les investigations conduites par la direction départementale de la sécurité intérieure (DDSI), en 2015, à peine 15 000 Mahorais se rendent une fois par jour dans l'une des 200 mosquées de l'île.
Dans le même temps, 2 500 des 5 000 djaoulas recensés par la DDSI font leur prière 5 fois par jour ainsi que le préconise l'islam. Ces musulmans ayant une pratique religieuse plus rigoureuse que celle traditionnellement vécue dans l'île aux parfums sont souvent originaires de l'extérieur de Mayotte, précise le service de Renseignement.
Ce rigorisme, nouveau dans l'île, est aussi adopté par une partie des jeunes Mahorais de retour au pays après un séjour en métropole. Dans l'Hexagone, ils ont côtoyé des musulmans rigoristes, avec eux ils ont pratiqué un islam plus fondamentaliste, à leur retour dans l'île ils veulent amener leurs parents et leurs familles vers des pratiques religieuses plus rigides, note, en substance, dans son rapport la direction départementale de la sécurité intérieure.
C'est France Mayotte Matin qui a révélé ces informations dans son édition du mardi 24 mars 2015 en citant une "source confidentielle" désormais identifiée comme étant la direction départementale de la sécurité intérieure (DDSI). Le quotidien mahorais se demande si cette situation démontre "une occidentalisation ou une radicalisation" de la société mahoraise.
Pour rappel, le vendredi 24 octobre 2014, France Mayotte Matin avait annoncé que quatre Mahorais étaient partis faire le djihad en Syrie. Ces jeunes hommes auraient pris la direction de la frontière syrienne en passant par les Comores, la métropole et la Turquie. "Un d'entre eux après plusieurs mois serait revenu sur le territoire, lorsque les trois autres sont encore sur place à lutter contre les forces loyalistes de Bachar el-Assad", indiquait le journal.